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Mardi 18 octobre 2022

"Trop longtemps le bon prix a été le bas prix" dénonce le ministre de l'Agriculture


Présentant les dernières données du recensement national, le ministère de l’Agriculture met en exergue les défis d’avenir de la ferme France en général, et du vignoble en particulier, devant passer par la transmission, la revalorisation et la transition.

"Trop longtemps le bon prix a été le bas prix" dénonce le ministre de l

En 2020, la France recense 416 000 exploitations agricoles, en repli de 20 % par rapport à 2010. Avec un rythme de diminution cependant moins marqué par rapport précédente décennie (-2,3 % par an 2010-2020 contre -3 % sur 2000-2010) indique François Chevalier, le sous-directeur au Service Statistique et Prospective (SSP) ce 18 octobre lors d’un colloque dédié au recensement agricole 2020 (à Paris). Avec 59 000 exploitations, la viticulture enregistre un repli moindre, de -11 % en 10 ans (pour représenter 15 % des exploitations agricoles nationales). Mais le vignoble n’est pas épargné par le vieillissement qui frappe l’agriculture française : 51 % des exploitations viticoles sont dirigées par un senior, âgé de plus de 55 ans. Globalement, un tiers des dirigeants de 60 ans et plus ne savent pas ce que deviendra leur exploitation dans trois ans.

« Nous devons agir pour assurer la pérennité de notre agriculture et garantir notre souveraineté alimentaire. Et pour cela, il faut commencer par assurer la pérennité des exploitations en place et assurer le renouvellement des générations » pose en ouverture du colloque le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau. Le député du Loir-et-Cher précisant qu’il s’agit d’« assurer en premier lieu la juste rémunération de nos agriculteurs, trop longtemps le bon prix a été le bas prix. Le paradigme qui a été posé ainsi ne peut plus durer : le bon prix est celui qui rémunère au juste prix nos agriculteurs »

Transmission-transition

Évoquant « la résilience de notre agriculture face aux aléas climatiques*, sanitaires, économiques, énergétiques », le ministre défend l’importance de la future loi d’orientation et d’avenir sur l’agriculture afin de « garantir la souveraineté alimentaire de la France en assurant le renouvellement des générations en agriculture et en mobilisant ce renouvellement pour accélérer la transition climatique et agroécologique. Je dis souvent qu’il ne s’agit pas de transmission-reprise, mais de transmission-transition. »

 

* : Le ministre évoque la nécessité de « sécuriser l’accès à différentes ressources, je pense à l’eau, indispensables et précieuses dans le contexte de dérèglement climatique ».