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Vendredi 24 juin 2022

Début de véraison dans le vignoble méridional, la précocité s‘y confirme


Suite aux records de chaleur de mai et début juin, l'avancement des stades phénologiques de la vigne se poursuit dans la partie sud du pays. La véraison vient de s'eclencher sur les variétés très précoces mais charge sur pieds, stress hydrique peuvent ralentir la physiologie de maturation.

Début de véraison dans le vignoble méridional, la précocité s‘y confirme

Dans le Languedoc, les premières grappes de raisin de table commencent à vérer et confirment la précocité du millésime. Le 24 juin, un viticulteur de Péret, dans l’hérault, a posté sur les réseaux une photo de la variété de raisin de table Prima en train d’entamer sa véraison et Jacques Rousseau, responsable des services viticoles de l’Institut Coopératif du Vin (ICV), confirme que « la véraison s’annonce précoce, certainement avec une semaine d’avance sur 2020 ». Ses équipes ont également observé un début de véraison sur du raisin de table en treille dans le Gard méridional, une 1ère baie de cépage provençal Tibouren vérée sur le littoral varois, et "une véraison des pinot noir dans 10 jours à Pépieux, dans l'Aude", révèle Jacques Rousseau.

Guillaume Desperrières, directeur de la société de conseil viticole SRDV, rappelle par ailleurs que « l’accumulation du paramètre degrés-jour est un indicateur assez fiable du niveau de la précocité de cette année, car nous sommes sur des valeurs supérieures aux deux millésimes précoces qu’étaient 2017 et 2020 ». Comme Jacques Rousseau, il avertit néanmoins que la charge sur pieds est en revanche plus importante que lors de ces deux millésimes précoces, « ce qui pourrait ralentir la phénologie de la plante et ce niveau de précocité dans la maturation des baies, tout comme un stress hydrique qu’il va falloir surveiller ».

Records de chaleur

Les techniciens du groupe ICV relèvent que les records de chaleur de mai ont provoqué une accélération brutale de la phénologie de la vigne s’est brutalement accélérée au cours de la deuxième quinzaine de mai. « La vitesse de développement de la vigne était 30 % plus rapide en mai 2022 que dans les moyennes des années 1990 », révèle le groupe ICV. La plante est donc passée d’un débourrement plus tardif que l’an dernier à une floraison en avance de 8 à 10 jours. « Nous n’avions jamais vu une période aussi courte entre les boutons floraux et la fermeture de la grappe, c’est un constat qui est aussi valable en vallée du Rhône, en Provence ou en Gironde », affine Guillaume Desperrières. Jacques Rousseau relève quant à lui « une floraison précoce et groupée de manière homogène dans les vignobles, mais nous n’en sommes pas encore à un record de précocité, mais nous nous préparons néanmoins à débuter les contrôles maturité la dernière semaine de juillet ».

Le groupe ICV caractérise cette précocité de 9 à 10 jours en Gironde, avec une sortie plutôt généreuse sur l'ensemble des secteurs. « La Provence se trouve en avance de 10 à 15 jours et il y a une bonne semaine dans le Languedoc, ainsi que dans la région Centre. Mais entre la charge plus importante et le stress hydrique qui se dessine, le chemin est encore long jusqu’à la maturité », relève Jacques Rousseau. « Le stress hydrique pendant la fermeture de la grappe a un impact sur l’homogénéité de la véraison », précise en sus Guillaume Desperrières.

Belle sortie

Grâce à son référentiel gardois composé de 102 parcelles de grenache, syrah, cabernet-sauvignon, merlot, chardonnay et sauvignon blanc suivies depuis plus de 20 ans, le groupe ICV vient par ailleurs de dresser un état des lieux du vignoble après nouaison, et confirme la belle sortie constatée dans le vignoble. « Avec 17,5 inflorescences par pied, 30 % supérieur à 2021, c’est un retour à la normale de la sortie de ces inflorescences après le gel d’avril 2021 ». Ce chiffre renoue avec la moyenne des dix dernières années mais reste plus bas que les millésimes les plus fertiles sur le département comme 2016 ou 2019.

Très impactés en 2021, les chardonnay bénéficient particulièrement de cette hausse de fertilité, comme tous les cépages, à l’exception de la syrah « dont la fertilité est en baisse continue depuis 3 ans », explique la note du groupe ICV. Les techniciens du groupe n’avancent pas d’explication identifiable mais Jacques Rousseau y verrait peut-être « le signe d’une mauvaise capacité d’adaptation de ce cépage à l’évolution du climat ».

Vigilance sur l'oïdium

D’ici la récolte, Jacques Rousseau avertit également sur la « fréquence d’apparition de l’oïdium avec la floraison ». Le groupe ICV relève des dégâts pour l’instant limités, mais une fréquence de parcelles contaminées particulièrement importante. « Il faudra donc rester très vigilant pour limiter le développement de la maladie à un niveau acceptable d’ici la récolte », prévient Jacques Rousseau.