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Lundi 13 juin 2022

Une récolte correcte en ligne de mire dans le Roussillon


Depuis 2016, le vignoble des Pyrénées-Orientales n'a jamais été épargné par un aléa affectant les volumes de vendanges. La sortie s'annonce correcte et tant le régime hydrique que le climat laissent pour l'heure envisager des volumes de vins dans les standards.

Une récolte correcte en ligne de mire dans le Roussillon

Alors que le département avait été successivement touché par le gel puis par la sécheresse en 2021, cette campagne 2022 semble partir sur de meilleures bases pour le vignoble des Pyrénées-Orientales. Les débourrements se sont produits de manière « plus tardive et plus étalée qu’en 2021 », note Julien Thiery, chef du service viticulture de la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales (CA 66). « L’eau de sortie d’hiver a été un autre fait important de ce début de campagne. Nous avons eu deux bons orages générant coup sur coup 90 mm puis 45 mm de pluies, contribuant aux très bonnes réserves hydriques en démarrage de cycle physiologique pour accompagner la pousse de la végétation », relève Brice Cassagnes, président de la coopérative Arnaud de Villeneuve à Rivesaltes.

Julien Thiery note cependant une « forte accélération dans le cycle végétatif » depuis la mi-mai, avec un resserrement des stades phénologiques ayant conduit à « une avance dans la floraison et des stades raccourcis entre la fleur et la fermeture de la grappe », ajoute le technicien.

Bonne sortie

« Comme souvent après un gel, la sortie est bonne mais cette floraison rapide pose une inquiétude quant au risque conséquent de coulure des grenache », ajoute Julien Thiery. Brice Cassagnes confirme cette bonne sortie même si certaines variétés subissent peut-être le contre-coup de la sécheresse de 2021. « Le Maccabeu est particulièrement concerné, et on observe également de l’hétérogénéité dans les sorties pour les syrah et le muscat petits grains », note Brice Cassagnes, qui relève également des remontées de terrain faisant part de coulure sur le grenache.

Alors que le déficit hydrique est un marqueur récurrent dans le vignoble roussillonnais, le stress hydrique ne se fait pas encore sentir dans les parcelles des Pyrénées-Orientales, « mais ça ne saurait tarder si nous n’avons pas de pluie dans les semaines qui viennent », prévient tout de même le chef du service viticulture de la CA 66.

Côté ravageurs, « la 1ère génération d’Eudémis a été bien maîtrisée », relate le technicien, mais quelques dégâts de pyrales ont été enregistrés dans le secteur de Rivesaltes. « On constate un retour de ce papillon depuis quelques années. Avec les conditions météo, les deux dernières campagnes n’ont pas été trop marquées, mais cette année se révèle particulièrement sensible », confirme le président de la cave Arnaud de Villeneuve, alors que le traitement de la 2ème génération d’Eudémis démarre le 10 juin.

La vigilance reste de mise

« Le mildiou est resté assez calme depuis un 1er épisode en avril mais dans des conditions peu contaminantes, mais la vigilance reste de mise car le retour des entrées maritimes et des orages nous remet dans ces contextes favorisant la contamination », avalise Julien Thiery. Seuls des cas de mildiou sur feuilles ont pour l’heure été observés. Brice Cassagnes estime même que la fréquence des jours de tramontane a globalement baissé depuis quelques années, « ce qui accentue les entrées maritimes et les conditions favorables au développement du mildiou ».

Des contaminations tardives d’oïdium se sont en revanche récemment produites çà et là, à la faveur de « trous dans la raquette dans les stratégies de traitement de certains », avance le technicien.

Une récolte normale?

Gel, grêle, sécheresse, mildiou… Depuis cinq ans, le département a fait les frais de la succession d’aléas climatiques et de pathogènes, si bien que « la dernière récolte que l’on peut qualifier de normale remonte à 2016 », poursuit Julien Thiery. Alors que la grêle vient de toucher très localement une partie du vignoble du secteur des Aspres, la profession croise les doigts pour arriver jusqu’aux vendanges sans autre coup dur que celui-ci et avoir enfin la joie d’accueillir une récolte en phase avec le potentiel de production de la zone roussillonnaise. « Sans aléa majeur, nous devrions avoir une récolte un peu plus importante que les dernières années, mais elle ne sera pas pléthorique pour autant », rassure Brice Cassagnes.