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Jeudi 09 juin 2022

Sans aléa, le millésime s'annonce bien pour les vins du Bugey


Après avoir déploré 60 % de pertes avec le gel d'avril 2021, la campagne 2022 s'annonce sous un angle bien plus confortable pour les vins du Bugey. La faible pression des maladies se cumule à une belle sortie.

Sans aléa, le millésime s

Dans le Bugey, le débourrement des vignes a été plus tardif qu’en 2021, permettant « d’éviter à nouveau la correctionnelle », souligne Julien Hubail, technicien conseil du syndicat des vins du Bugey. Le risque d’un nouveau gel a à nouveau fait sentir son souffle froid au début du mois d’avril mais ce ne sont finalement que « 10 à 15 % des bourgeons qui étaient suffisamment avancés pour être touchés par ce nouveau gel », reprend le technicien. Sans inquiétudes néanmoins, car « la compensation physiologique de la vigne s’est mise en place », valide Julien Hubail. Dans la zone de production des AOC Bugey et Roussette du Bugey, le gel de 2021 avait fait accuser 60 % de pertes de production au vignoble de l’Ain.

Le technicien confirme une floraison assez rapide « mais ça ne devrait pas poser de problèmes de coulure, même si la sortie est belle, avec des grappes plus grandes. Nous savons en revanche que nous aurons une récolte précoce, à ramasser dès la fin du mois d’août ». Stéphane Trichon, vigneron au domaine Trichon, à Lhuis, 13 ha en bio dans la partie sud de l’appellation Bugey, confirme que la vendange aura « deux à trois semaines d’avance par rapport à 2021 ».

Peu de pression cryptogamique

Si le technicien du syndicat a bien relevé « quelques points d’oïdium de manière très sporadique », le mildiou ne semble pour l’heure pas poser de problème particulier. Julien Hubail comme Stéphane Trichon se rejoignent sur le constat d’une anticipation et d’une attention renforcées dans la stratégie de traitement des vignerons. Alors que les chardonnay les plus précoces atteignent le stade de fermeture de la grappe, Julien Hubail fait montre d’optimisme et avise que « seul un aléa climatique pourrait à présent affecter significativement la récolte à venir ».

« Pourvu que ça dure ! », s’exclame même Stéphane Trichon, tant cette campagne se déroule pour l’heure dans des conditions idéales sur la zone d’appellation Bugey. Seule la persistance du déficit hydrique actuel pourrait quelque peu obscurcir le tableau. « Je commence à voir des feuillages dont le vert est moins vif sur le haut de certains coteaux et la végétation que l’on trouve autour des rangs est très sèche », note Stéphane Trichon, « mais il y aura besoin d’eau après véraison ».

Hausse de flavescence dorée

Le vignoble voisin de Savoie vient pourtant de subir d’importantes pertes causées par la grêle de Pentecôte, mais au sein de la zone d’AOC Bugey, l’orage n’a apporté que « 25 à 30 mm de pluies bienvenues dans la partie nord de l’appellation », valide Julien Hubail, mais il n’a que très peu plu dans la partie méridionale.

La croissance de la végétation est donc en train de ralentir significativement alors que les vignerons ne savaient plus où donner de la tête lors fortes pousses des semaines précédentes. « Avec les températures élevées du mois de mai, il a fallu trouver du renfort au pied levé pour aider au relevage, que nous avons fait au détriment de l’ébourgeonnage. Nous ne faisons donc cet ébourgeonnage que maintenant, alors que nous avons habituellement le temps d’ébourgeonner avant de relever », déroule le vigneron du domaine Trichon.

Le millésime 2022 s'annonce donc sous de bons augures pour la zone viticole aindinoise. Julien Hubail souligne néanmoins que les pontes de larves de cicadelles de la flavescence dorée connaissent une recrudescence cette année. "Nous voyons une détection importante de la flavescence dorée depuis trois saisons, avec lutte obligatoire depuis deux ans", avalise Stéphane Trichon.