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Mardi 07 juin 2022

Des mesures pour connaître l'incidence de la viticulture sur l’activité des abeilles


Pour évaluer les interactions entre les modes de culture viticoles et l'alimentation des populations d'abeilles vivant à proximité des parcelles, l'institut français de la vigne et du vin lance une expérimentation dédiée sur son site de Gaillac.

Des mesures pour connaître l

Sur le site du V'Innopole Sud-Ouest, à Gaillac, l’IFV (Institut français de la vigne et du vin) a installé fin avril 12 ruches, « ainsi qu’un abreuvoir spécifique pour les abeilles, de même que des jachères fleuries », explique Eric Serrano, directeur régional de l’IFV Sud-Ouest. Cette installation se place dans le cadre d’un projet initié en collaboration avec l’ADA Occitanie (Association de développement de l’apiculture), pour évaluer précisément l’incidence de la viticulture sur l’activité des abeilles.

« Depuis 2020, nous avons mené ce type d’expérimentation en Languedoc, sur un site garrigue témoin, une parcelle de vigne en bio et une parcelle de vigne en conventionnel. Mais ce programme Vinapi n’a été mené qu’en conditions d’hivernage de colonies d’abeilles mellifères en conditions viticoles », dresse Anne-Charlotte Metz, chargée de mission filière à l’ADA Occitanie, « grâce à ce projet avec l’IFV, nous allons pouvoir recueillir des informations pour l’ensemble de l’année ».

Besoins des abeilles

Chacune des ruches installée au V'Innopole est dotée de 4 trappes à pollen, permettant de récupérer le pollen transporté par les abeilles à chacun de leur passage par les petits trous de ces trappes. « Ces trappes ne sont placées que quelques jours dans la semaine, pour que les abeilles puissent subvenir à leurs besoins et se nourrir », situe Eric Serrano. Le pollen récupéré chaque semaine sera analysé en laboratoire, afin de connaître l’alimentation et déterminer précisément les essences végétales butinées par les abeilles.

La collecte et l'analyse des pollens - Ada Occitanie

« Au sein du V'Innopole, l’environnement direct de ces ruches est parfaitement connu et maîtrisé. Les résultats nous permettront d’identifier les périodes de creux ou de besoins dans l’alimentation des abeilles dans ce contexte viticole, et identifier ainsi les dispositifs comme les haies, les engrais verts, les jachères fleuries, qui permettraient de répondre à ces besoins », reprend le directeur régional de l’IFV Sud-Ouest. Une des ruches est même posée sur une balance connectée, afin de mesurer à distance l’activité des abeilles grâce aux informations sur la croissance de leur colonie et le stockage du miel.

Impact des traitements

Prévu pour durer au moins une année entière, cet essai permettra de donner des indications aux viticulteurs «sur l’utilisation d’espaces souvent délaissés dans l’environnement des vignes, avec des solutions d’implantation de couverts d'inter-rang mellifères ou de jachères fleuries permettant de subvenir aux besoins des colonies », approuve Anne-Charlotte Metz.

L’expérimentation visera également d’autres objectifs. « Outre l’évaluation des ressources en contexte viticole, des analyses de résidus seront pratiquées, pour définir l'impact des produits de traitement sur la population. Le traitement obligatoire vis-à-vis de la flavescence dorée figure parmi les plus à risque pour les abeilles, d’autant que ces traitements obligatoires ne sont pas soumis à l’arrêté abeilles », resitue Anne-Charlotte Metz. Elle précise en outre que si l’abeille ne contribue pas à la pollinisation de la vigne, « il est acquis qu’elle en visite les fleurs et collecte le pollen, constituant une des voies d’intoxication des individus ».