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Jeudi 14 avril 2022

Vignoble participatif pour le rugbyman Rémi Lamerat à Bordeaux


Spécialisée dans le financement participatif viticole, Terra Hominis accompagne des vignerons en installation ou en développement, sur tout le territoire, et notamment dans le Bordelais.

Vignoble participatif pour le rugbyman Rémi Lamerat à Bordeaux

D’emblée, Ludovic Aventin, fondateur de Terra Hominis, a donné le ton ce 6 avril à Bordeaux, en conférence de presse : « J’ai le sentiment que le terroir de Bordeaux est tendance, contrairement au nom qui souffre du Bordeaux Bashing. Il y en a marre car il y a des raisons d’être positif » répète celui qui a créé en 2011 Terra Hominis, structure spécialisée dans le financement participatif de domaines viticoles afin de faciliter l’installation de vignerons, le développement et la transmission de vignobles. 42 projets ont déjà été réalisés avec 3 200 associés dont cinq projets sur Bordeaux. Le principe ?  Créer des vignobles en copropriété grâce au financement participatif, à partir de 1 300 € la part. Le vigneron qui s’installe se dégage de la pression foncière que constitue l’achat de vignes puisque ce sont des actionnaires qui  achètent des parts. Le rendement des parts de 4,5 % est payé en bouteilles de vin.

Le rugbyman professionnel, Remi Lamerat, 33 ans, rugbyman professionnel qui évolue à l’Union Bordeaux Bègles au poste de premier centre, a bénéficié de ce montage. En janvier dernier, il a racheté à la famille Guillot, une propriété à Yvrac, château Grand Jour. 125 associés sont co propriétaires des 10,8 ha, en conversion bio. Les projets ne manquent pas  avec la rénovation des bâtiments qui ne servaient que de stockage. Il faut donc créer un chai avec cinq cuves d’une capacité comprise entre 100 et 50 hl, mais aussi un chai de micro vinification qui accueillera de petites cuves inox et des amphores. De même Remi Lamerat table sur l’œnotourisme avec la création de salles de dégustation et réception. Un investissement global qu’il ne souhaite pas dévoiler. « Je ne veux pas véhiculer l’image de l’ancien sportif qui se paye une danseuse. Je veux garder une légitimité en dehors du rugby » indique celui qui a décroché un BTS viti oeno, validé il y a trois ans. A la vigne, le rugbyman a aussi sa stratégie avec l’adoption de cépages oubliés tels que le bouchalès, le castets, le marselan  mais aussi de variétés résistantes comme le floreal et l’artaban.

Pas question de mettre tous les œufs dans le même panier : « Je souhaite proposer une gamme en AOC  Bordeaux mais aussi en Vin de France pour un tiers du volume car je sens que le consommateur veut autre chose » indique-t-i-l. Circuits de distribution privilégiés pour ses vins : les particuliers, le CHR et les cavistes.

Projet solide

Pour l’heure Remi Lamerat mouille le maillot et joue sur deux tableaux : rugbyman 4 jours par semaine à temps complet et deux jours viticulteur à temps plein, aidé par le prestataire de services Banton & Lauret, qui met à disposition un régisseur et œnologue conseil. Reste qu’il faut essuyer les aléas du métier : « Avec le gel de ces derniers jours, j’ai connu le vrai stress » confie-t-il.  Mais pas de quoi doucher son énergie. « Il a un projet carré, solide et il fait preuve d’humilité » estime Ludovic Aventin. Pour preuve, Remi Lamerat entend ne pas utiliser le terme de château, mais plutôt celui de domaine Grand Jour.  En juin 2023, le rugbyman verra son contrat prendre fin. « J’espère gagner un titre d’ici là » sourie-t-il.

David Arnaud, à la tête de château Tour des Graves, AOC Côtes de Bourg, 30 ha, à Teuillac, lui aussi a fait appel à Terra Hominis dans le cadre de son agrandissement. C’‘est ainsi qu’en 2018, 200 associés ont investi dans 8 ha. « Cela m’a permis d’aller vers le passage en bio. Un coût de 60 000 € par an que je n’aurais pas pu assumer si je n'avais pas été accompagné » déclare-t-il. Pour autant il lui a fallu vaincre des réticences : « En tant que viticulteur, on aime que le foncier nous appartienne » reconnait-il. Un sentiment qui sera vite balayé.  Lors du récent épisode de gel, il a reçu des messages de soutiens de la part des associés. « J’ai été touché » confie-t-il.