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Lundi 04 avril 2022

Le point sur l’avancée des vendanges dans l’Hémisphère Sud


Exception faite de l’Argentine, les principaux pays producteurs dans l’Hémisphère sud s’attendent à des productions semblables en volume à celles de l’an dernier ou de la moyenne quinquennale, voire supérieures, et avec de belles qualités à la clé.

Le point sur l’avancée des vendanges dans l’Hémisphère Sud

Les vendanges battent toujours leur plein dans la plupart des pays de l’Hémisphère sud, et pour certains d’entre eux, elles sont loin d’être de tout repos. « La saison a été compliquée », reconnaît Marcus Pickens, directeur de Wines of Marlborough en Nouvelle-Zélande. « Il n’y a aucun doute que Marlborough a connu des précipitations plus importantes que d’habitude. Au moins, nous n’avons pas eu de problèmes d’irrigation, mais nous sommes arrivés à un stade où nous ne voulons plus de pluies ». Ce n’est pas le seul casse-tête auquel les vignerons néo-zélandais doivent faire face cette année. Les restrictions sanitaires au niveau des frontières et une vague inédite d’infections au Covid-19 ont entraîné une situation cauchemardesque quant à la main d’œuvre. Malgré ces difficultés, la Nouvelle-Zélande s’attend à un retour à la normale des volumes, après une année 2021 fortement déficitaire. « Marlborough se présente bien », confirme Marcus Pickens. « La récolte semble être plus importante que la moyenne quinquennale, donc c’est un énorme soulagement, et la qualité se présente plutôt bien ».

 

Disparités régionales en Afrique du Sud

Cette remontée des volumes privera-t-elle les exportateurs sud-africains de débouchés importants pour leurs sauvignons blancs ? Il est trop tôt pour le dire, mais du moins, les producteurs sont confiants face à une récolte 2022 de belle qualité. « Nous sommes actuellement très optimistes pour la récolte », affirme RJ Botha, œnologue auprès du domaine Kleine Zalze, dans la région de Stellenbosch. « Nous accusons beaucoup de retard par rapport à d’autres millésimes, mais la qualité semble superbe. Les raisins sont très sains et les arômes sont bien présents ». Quant aux volumes, le dernier bilan publié par Sawis à la fin mars fait état d’une production, certes inférieure à celle de 2021, mais plus importante que la moyenne quinquennale. Avec quelque 65% des volumes désormais dans les caves, il ressort d’importantes disparités volumiques entre les régions. Dans le Cap du Nord et la région de Klein Karoo, des précipitations ont provoqué des maladies cryptogamiques et de la pourriture, entraînant une baisse de la production. Dans les vignobles du Swartland, Paarl et Robertson, ce sont plutôt des phénomènes de brûlure qui sont à l’œuvre, conjugués à l’impact des arrachages sur les volumes prévus. En revanche, des conditions météorologiques favorables, une maîtrise des maladies et des réserves hydriques suffisantes pour assurer l’irrigation sont de bon augure dans les régions côtières du Sud et à Stellenbosch, où la production promet d’être plus importante qu’en 2021.

 

Volumes importants attendus au Chili

Au Chili, aussi, les volumes s’annoncent conséquents, malgré une nouvelle saison sèche. Absence de gelées au printemps, bon débourrement et très bonne floraison et nouaison se soldent aujourd’hui par de belles perspectives en quantité et en qualité. « Nous sommes à la moitié de la récolte », explique Benoît Fitte, directeur technique auprès du groupe Survalles, l’un des principaux exportateurs de vins chiliens. « Au niveau des rendements, nous devrions être proches de l’an dernier, année record en production pour le Chili. Même avec l’effet de la sécheresse sur certains vignobles de la côte pacifique, ce sera de nouveau une grosse récolte, supérieure à 12 Mhl ». Les perspectives qualitatives sont très bonnes, avec une belle intensité d’arômes et de la vivacité sur les blancs ainsi que de bonnes acidités naturelles et de belles couleurs sur les rouges suite à des amplitudes thermiques importantes pendant la veraison, qui augurent d’excellentes qualités. Mais les vendanges auront donné du fil à retordre aux vignerons. « Il y a beaucoup d’hétérogénéité au niveau des maturités entre variétés et régions », note l’œnologue français. « 2022 est une année de précision du point de vue de la récolte ».

 

Le casse-tête logistique contrarie la croissance des ventes

Pas de nuages à l’horizon pendant les quinze prochains jours, donc les vendanges devraient se poursuivre sereinement pour arriver à leur fin autour du 20 avril. En revanche, le contexte mondial assombrit le tableau pour les producteurs chiliens. « Du côté de l’approvisionnement en matières sèches, nous connaissons de gros problèmes pour les étiquettes, les cartons et les bouteilles. Les délais de nos fournisseurs ont augmenté d’une semaine en moyenne et leurs prix ne cessent de grimper », déplore Benoît Fitte.  Idem pour les expéditions en dehors du pays : « Nous connaissons les mêmes problèmes pour les exportations que partout dans le monde, avec un manque de conteneurs et d’espace sur les navires. C’est un vrai casse-tête logistique surtout que nos ventes sont en croissance sur quasiment tous les marchés… »