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Jeudi 22 juillet 2021

Les réussites des transitions démographiques et agroécologiques du vignoble sont liées


Les analystes du groupe bancaire BPCE appellent les exploitants préparant leur retraite à ne pas cesser d’investir dans leur outil de production pour en faciliter la transmission.

Les réussites des transitions démographiques et agroécologiques du vignoble sont liées

Sondant par téléphone 1 359 agriculteurs (dont 431 viticulteurs), la dernière enquête du groupe Banque Populaire Caisse d’Epagne (PBCE) fait état de deux préoccupations arrivant ex-aequo en première position : l’amélioration de la protection santé du sondé et de ses proches et la préparation de sa retraite (toutes deux pour 43 % des répondants). En hausse de 5 points par rapport aux données de 2019, l'inquiétude de la fin d'activité est talonnée par celle concernant les enjeux de cession et de transmission (35 %, +3 points). Ces préoccupations de fin de carrière s’expliquent par la pyramide des âges agricoles : 45 % des sondés ont plus de 55 ans note Alain Tourdjman, le directeur des études économiques de BPCE, ce 20 juillet en visioconférence de presse.

Ce cap des 55 ans représenterait une véritable « césure » dans la population agricole pour l’analyste, qui y voit une source de rupture dans les stratégies d’adaptation. Définis statistiquement, trois groupes d’entreprises sont distinguables selon l’observatoire de BPCE : un modèle traditionnel de dirigeants plutôt âgés, exploitant un domaine de petite taille (moins de 100 000 € de chiffre d’affaires) et peu enclins au changement (40 % des sondés), un groupe plus porté sur la transformation par l’agroécologie et la différenciation (vente directe, énergie, tourisme… pour 20 % des sondés) et des entreprises optant pour la concentration (suivant une logique de montée en taille et d’investissement, pour un tiers des sondés) .

Transmission relativement fluide

Face aux défis d'avenir de la ferme France, l’enjeu est de « créer des conditions d’une anticipation de reprise des exploitations [ce qui] allonge également l’horizon de l’exploitant agricole, sa capacité à se dire "je peux continuer à investir même si je dois arrêter dans 3 ou 5 ans" » explique Alain Tourdjman. Pour l’analyste, ce maintien des investissements permet de consolider la compétitivité des exploitations, autant économiquement qu’agroécologiquement. « Il y a quelque chose qui me semble profondément vertueux [avec] une mise à niveau des exploitations et donc une transmission relativement fluide, puisqu’elles auront la capacité d’être en phase avec l’évolution de leur marché » renchérit l’expert, concluant que « réussir la transition démographique qui est en cours, va manifestement être un moyen de réussir également la transition économique du modèle d’exploitation ».