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Lundi 05 avril 2021

"C’est la première fois que je vois des vignes qui ne trouvent pas preneur" en Champagne


Le prix des vignes champenoises a baissé de 4 % en 2020. L’écart se creuse entre les vignes prisées des grands crus et premiers crus et celles des autres crus, qui ne trouvent parfois plus d’acheteurs. Les experts de la SAFER appellent à la patience.

"C’est la première fois que je vois des vignes qui ne trouvent pas preneur" en Champagne

« C’est un petit peu compliqué de savoir où l’on va » résume Thierry Blaise, expert foncier et agricole et fondateur de la société Terres & Vignes dans la Marne. De fait, avec la crise du Covid qui a fait plonger les ventes de bouteilles de 18 % en 2020, la Champagne entre dans une période d’incertitudes. En 2020, le prix des vignes a baissé de 4 %, à 1,07 M€/ha. Une centaine d’hectare a été vendue, comme en 2019. Dans la Côte des blancs, la vigne s’est échangée à 1,56 million €/ha, contre 1 million €/ha dans la Vallée de la Marne, mais cet écart va se creuser.

« La Covid a accentué une tendance observée depuis plusieurs années, confirme Olivier Baranski, directeur opérationnel de la Safer Grand Est. Dans les premiers crus et les grands crus, les prix des vignes restent globalement stables et il y a des acheteurs. Ailleurs, c’est plus compliqué ». Fait nouveau, les vignes de la Vallée de la Marne, de la Vallée de l’Ardre, de l’Aube et de l’Aisne connaissent, parfois, des difficultés à trouver des acquéreurs. « Cela fait trente ans que je travaille en Champagne et c’est la première fois que je vois des vignes qui ne trouvent pas preneur » témoigne Thierry Blaise.

Les acheteurs veulent principalement du chardonnay

Le marché n’est pas totalement à l’arrêt dans ces zones, mais les prix sont à la baisse, avec des ventes vers les 800 000 €/ha, voire moins. « J’ai le sentiment que le cépage prend de l’importance, complète Olivier Baranski. Les acheteurs veulent principalement du chardonnay et sont moins attirés par le meunier ». L’heure est à l’attentisme, mais Olivier Baranski reste confiant : « Quand on sera sorti de cette crise sanitaire, les ventes de Champagne vont reprendre et le marché des vignes devrait redevenir plus dynamique ». Il suggère aux vendeurs des vignes en autres crus de patienter, si c’est possible pour eux.