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Mercredi 21 octobre 2020

La parade de Châteauneuf-du-Pape à la chute des cours du vin en vrac


Alors que les cours diminuent fortement pour l’appellation rhodanienne, la SAFER propose un outil d’aide à la trésorerie prenant la forme d’un contrat de bail.

La parade de Châteauneuf-du-Pape à la chute des cours du vin en vrac

Mauvais signe la vallée du Rhône. D’après les dernières cotations des courtiers d’Avignon, le cours de l’appellation Châteauneuf-du-Pape est tombée à 1 600-1 800 euros la pièce (soit 225 litres). Une chute notable quand le prix moyen était de 2 600-2 800 € il y a un an. « Les cours du vrac subissent les effets internationaux. Quand ce n’est pas la taxe Trump, c’est la Covid qui freine. Mais nous nous attendions à cette baisse, la succession de petites récoltes a entretenu les prix hauts. Nous savions que l’on ne pouvait pas rester sur des tranches aussi élevées » explique Serge Gradassi, le président du syndicat réuni de l'appellation Châteauneuf du Pape.

Se montrant optimiste, le vigneron Serge Gradassi veut garder espoir malgré le flou artistique imposé par la pandémie de coronavirus : avec une appellation très présente à l’export, « au gré des confinements et déconfinements ça va repartir ». Courtier de campagne à Châteauneuf-du-Pape, Philippe Martin souligne que le vrac représente 20 à 30 % des ventes à Châteauneuf : « ce n’est pas négligeable : c’est inquiétant. Quand le sommet de la pyramide commence à tanguer, toute la base s’effrite et souffre beaucoup. Il y a du stock à la propriété et le négoce est très prudent. Tous les crus et villages souffrent : Vacqueyras, Gigondas… »

La vente à réméré

Ayant enregistré une mise à l’arrêt de son activité pendant le confinement, l’appellation Châteauneuf-du-Pape déstocke donc en partie pour dégager de la trésorerie. Mais ces volumes restent faibles, le vignoble se maintenant encore à flot grâce à « l’aide des banques, qui ont joué le jeu avec des reports et aménagements de prêts, au gouvernement, qui a ouvert un Prêt Garanti par l’État (PGE). Ce qui nous a permis de passer la bourrasque, en espérant qu’elle ne se transforme pas en tempête » souligne Serge Gradassi. Le président de l’appellation salue également l’outil proposé par la Société d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural (Safer) : la vente à réméré.

« Ça permet de ne pas perdre de capital. La Safer achète le bien à 80 % de son prix tout en garantissant ce prix pendant cinq ans. Période pendant laquelle la Safer laisse son propriétaire l’occuper et l’exploiter, avec un bail de location (dont le montant est fixé par arrêté préfectoral) » explique Patrice Brun, le président de la Safer de la région Paca.  S’il rembourse le montant payé par la Safer avant l’échéance du contrat, le viticulteur récupère son bien. S’il n’arrive pas à réunir cette somme, le domaine est vendu et il perçoit à son bénéfice la différence de prix par rapport à la somme avancée par la Safer.

Ouvrir le dispositif

Soutenu par le Crédit Agricole, cet outil bénéficie d’une enveloppe de 6 millions d’euros pour la région Paca. « La vente à réméré a été lancée après la première vague du covid. Nous avons cinq dossiers candidats à Châteauneuf du Pape, mais ils dépassent le seuil que nous avions fixé (15 hectares). Nous allons faire évoluer cette limite lors du prochain conseil d’administration pour ouvrir le dispositif » explique Patrice Brun, qui souligne reproduire un dispositif mis en place en 2018 en arboriculture suite à d’importantes gelées. « Cela permet de garder de l’indépendance » souligne le président de la Safer.

« Nous avons vu à la sortie du confinement des propositions d’investisseurs pour créer des Groupement Fonciers Viticoles (GFV) afin de faire rentrer de la trésorerie dans les domaines. C’est faire entrer le loup dans la bergerie, alors que 90 % des domaines de Châteauneuf sont familiaux » précise Serge Gradassi.


 

 
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