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Vendredi 06 décembre 2019

L'écart des mercuriales actuelles rend le bio économiquement intéressant


Le CerFrance Gard a défini l’écart minimum à atteindre entre les cours des vins conventionnels et ceux des vins bio pour obtenir le même résultat économique entre une exploitation conventionnelle et une exploitation bio.

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« On a actuellement un écart important et exceptionnel entre les cours des vins bio et conventionnels ; mais cet écart est indispensable et le minimum qu'il faut avoir pour que économiquement, la filière bio soit viable, a expliqué Anne-Claire Durel, CerFrance Gard, lors d'une conférence au Sitevi 2019, à propos des prix des vins bio vracs en IGP Oc et Côtes-du-Rhône rouges. Jusqu'à maintenant, ils étaient insuffisants sur le plan économique ». Des mercuriales trop proches

Pour parvenir à cette conclusion, la conseillère a étudié les coûts de production et les produits brut dégagés par deux exploitations identiques, l'une conduite en conventionnel et l'autre en bio, et pour deux productions : en IGP Oc rouge et en Côtes-du-Rhône rouge.

Côté charges, un surcoût de 1000€/ha a été retenu pour l'exploitation bio (voir article déjà paru) par rapport à la "conventionnelle". Elles sont estimées à 4500€/ha/an pour la première et à 5500€/ha pour la seconde.

Côté produits, une baisse de rendement de 20% suite au passage en bio a été prise comme hypothèse de départ. En IGP Oc, le rendement de l'exploitation bio passe donc de 80 hl/ha à 64 hl/ha. En Côtes-du-Rhône, le rendement passe de 50 hl/ha à 40 hl/ha.

Pour finaliser le calcul de ce produit brut, plusieurs scenario ont ensuite été élaborés en fonction des mercuriales dans les deux appellations. Leur étude depuis 2013 dans les deux appellations montre en effet de fortes variations selon les millésimes, avec des écarts de valorisation plus ou moins importants entre les deux types de vins.

Un écart de prix de 65€/hl minimum en Côtes-du-Rhône

Pour l'IGP Oc, l'écart moyen sur 5 ans entre le prix du vin conventionnel et bio est de 41€/hl, avec un minimum de 20€/hl atteint en 2015 et un maximum de +80€/hl atteint en 2019, avec un prix de 85€/hl pour le conventionnel et 165€/hl pour le bio.

Si l'on retient un écart de valorisation plutôt faible de 30€/hl entre les deux (95€/hl pour le vin conventionnel et 125€/hl pour le bio), on obtient un résultat final par hectare de 1300€/ha pour l'entreprise conventionnelle et de 1000€/ha pour la bio. Des résultats positifs et très proches donc. Si l'écart de valorisation se creuse, comme c'est le cas actuellement (85 €/hl pour le conventionnel et 165€/hl pour le bio), le résultat passe à 500€/ha pour la première et 3600€/ha pour la seconde. Un écart de de l'ordre de 40 €/Hl entre les mercuriales AB et conventionnel permet d'obtenir le même résultat économique.

Dans les années 2013-2017, le différentiel de prix, qui oscillait entre 25 et 40 €/Hl, rendait donc le schéma économique fragile. Depuis fin 2017, l’écart s’est accru et atteint actuellement entre 70 à 80 €/Hl. « Sur ces bases, la filière AB est économiquement viable », commente Anne-Claire Durel. Et si l'on abaisse le rendement de départ de l'exploitation conventionnelle à 65 Hl/Ha, avec toujours une baisse de 20% du rendement en bio, l'écart nécessaire pour obtenir le même résultat s'abaisse à +46 €/Hl entre les deux mercuriales.

En Côtes-du-Rhône régional cette fois, la situation est encore plus « tendue ». Un très faible écart de rémunération (respectivement 130€/hl et 150€/hl), entraîne un résultat plutôt faible de 600€/ha en conventionnel et négatif (-620€/ha) en bio. Un différentiel plus important de valorisation de +70€/hl (150€ en conventionnel et 220€ en bio), comme c'est le cas actuellement, permet de faire remonter le résultat de l'exploitation conventionnelle à 1600€/ha et celui de la bio à 2180€/ha. Il faut un écart de l’ordre de 65 €/Hl entre les mercuriales AB et conventionnel pour obtenir le même résultat.

 
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