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Mardi 09 avril 2019

Ces jeunes qui croient dans le Beaujolais


En visite au salon Bien Boire en Beaujolais, qui se tenait les 7 et 8 avril 2019, Vitisphere a rencontré 4 jeunes vigneron(e)s récemment installés dans ce vignoble « en crise ». Ils nous ont confié leur démarche et leur motivation.

Ces jeunes qui croient dans le Beaujolais

Pauline Passot a décidé de s'installer en 2018, à l'âge de 31 ans, après avoir fait des études de commerce puis de sommellerie, voyagé et vécu d'autres expériences professionnelles. Née dans le Beaujolais, elle s'est décidée à revenir quand ses parents lui ont annoncé leur intention de vendre leur exploitation, le Domaine de la grosse pierre, à Chiroubles. Ce qui l'a décidée ? « Les professionnels du vin avec qui j'échangeais à l'étranger me disaient que le vignoble du Beaujolais était une vraie pépite, avec plein de belles choses et un super cépage », témoigne t-elle. Ce parcours lui a donc permis un cheminement en la faisant changer d'avis sur la question d'une reprise du domaine : «  Le fait d'aller voir ailleurs m'a finalement donné envie de m'installer, car je ne le souhaitais pas au départ ».

La jeune vigneronne a pour objectif d'augmenter la part vendue en bouteilles auprès d'une clientèle professionnelle, afin de supprimer totalement le vrac. Elle travaille encore avec ses parents, mais a vinifié son tout premier millésime en 2018, dont elle est très fière, et qu'elle fait déguster sur le salon. De nombreux visiteurs se pressent, envoyés par d'autres « collègues vignerons », un autre atout de ce vignoble : «  Il y a une bonne entente, de l'entraide et de la convivialité entre nous. On se soutient les uns les autres ; à la génération de nos parents, il n'y avait pas cela... », constate celle-ci.

La reprise d'un domaine viticole de 8 ha situé dans un vignoble en crise ne l'effraie pas, au contraire ; c'est même ce qui l'a poussée : « Cela me donne un challenge, car on sait qu'on a possibilité de faire des choses pour que cela change, c'est motivant et je suis pleine d'espoirs pour la suite ».

Comme Pauline, Delphine Lardet (domaine le Nid), 39 ans, est native du Beaujolais et a préalablement travaillé loin de chez elle, dans le commerce international, avant de devenir vigneronne. C'est en 2012 qu'elle a décidé de s'installer sur un domaine sans repreneur, racheté par sa famille à Romanèche-Thorins. Elle s'est rapidement prise au jeu : son nouveau métier, qu'elle apprend au fil du temps « l'intéresse beaucoup » et elle s'y investit totalement.

Elle gère aujourd'hui les 7 ha de vignes jusqu'à la commercialisation de sa gamme, qu'elle a créée entièrement. Elle est aidée d'un salarié viticole et de son jeune frère. Son souhait : parvenir à vendre toute la production en bouteilles, étant actuellement à 15000 cols. « Mais c'est long de se construire une notoriété », remarque t-elle, attendant qu'un visiteur veuille bien s'arrêter sur son stand.

A l'instar de sa consœur, c'est le contexte difficile dans lequel elle entreprend qui la motive dans son projet : « Je suis attachée à la région et c'est un gros défi : il y a plein de choses à faire, c'est excitant », témoigne t-elle, convaincue de l'avenir du vignoble et fière d'en défendre « les couleurs ».

Même discours pour Julien Perrachon, 24 ans, et sa sœur aînée Charlotte, du Château Bonnet (la Chapelle de Guinchay, 20 ha), eux-aussi plein d'espoirs: pour Julien, qui s'orientait initialement sur un autre projet professionnel, devenir vigneron en juillet 2018 en Beaujolais est un « challenge » qui lui plaît de relever. « Il y a tout à faire dans ce vignoble et c'est plus facile et plus motivant, de savoir qu'il y a les moyens de s'en sortir », explique t-il. 

S'il reconnaît que la situation peut parfois être compliquée financièrement, ce qui compte pour lui est « d'être content d'aller au travail » : « Cela fait relativiser le côté financier », précise t-il, lui-aussi « très optimiste » pour l'avenir.

Pour Charlotte, âgée de 29 ans, prendre la suite de ses parents s'est imposé plus tôt et progressivement, comme une évidence : « Je savais que je voulais faire comme mon père », indique cette dernière, qui y travaille depuis 5 ans maintenant. Elle s'est fixée comme mission de développer la vente en bouteilles auprès des professionnels et à l'export. « Cela demande beaucoup d'investissements sans que les ventes ne soient forcément corrélées, mais on a aussi des échos très positifs sur nos vins... », admet Charlotte, dont les sentiments sont à l'heure actuelle « mitigés ».

« On espère que l'avenir sera meilleur, cela nous permettrait d'investir... Mais on reste positif malgré tout, on y croit ; et la convivialité entre vignerons, l'entraide, fait du bien », conclut Charlotte.

 
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