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Jeudi 07 février 2019

De nouveaux vautours planent sur le vignoble de Cognac


Des exploitants agricoles créent des sociétés en cascade pour tirer un maximum partie des 3 474 hectares de nouvelles autorisations de plantation demandées par la filière charentaise. Une dilution qui exaspère le syndicat viticole, qui n’a, pour l’instant, pas de solutions juridiques.

De nouveaux vautours planent sur le vignoble de Cognac

À Cognac, les 3 474 hectares de vignes à planter en 2019* aiguisent les appétits, et l’imagination pour se nourrir sur la bête pour une nouvelle génération de vautours. « Les créations de Casiers Viticoles Informatisés (CVI) pour obtenir des autorisations de plantations nouvelles se multiplient » alerte l’Union Générale des Viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC) dans une note à ses 2 200 adhérents, soulignant que « le phénomène a pour unique but de faire plusieurs demandes d’autorisations de plantations nouvelles ». Si le syndicat de vignerons n’a pas de chiffres sur ce phénomène de « créations opportunistes », ses remontées de l’administration lui indiquent que ce montage prend de l’ampleur pour multiplier les demandes sur la plateforme Vitiplantation.

« Malheureusement on ne peut rien contrôler, mais seulement alerter » reconnaît Christophe Véral, le président de l’UGVC, qui souligne que cette multiplication artificielle de CVI n’aura d’impact qu’au sein du bassin charentais, en diluant les surfaces disponibles. Ce dispositif inédit rappelle une précédente initiative d’entrepreneurs pour contourner la gestion collective du potentiel de production : les fameux vautours, ayant réalisé des transferts de plantation depuis d’autres vignobles vers Cognac (en profitant d’un vide juridique, bouché depuis).

Conséquences pour les exploitations

Faute de pouvoir enclencher des poursuites judiciaires (comme ce fut le cas pour les vautours de 2016), l’UGVC essaie d’enrayer la dynamique des CVI en soulignant que « les conséquences ne sont pas neutres en matière de gestion d’exploitation ». Cette dissuasion reposant sur « les conséquences administratives, douanières et fiscales pour la gestion des exploitations ». Qu’il s’agisse par exemple de l’obligation d’autorisation d’exploitation ou de l’utilisation d’infrastructures distinctes à moins d’être un bouilleur de cru.

Gardant l’œil sur l’évolution de ce nombre de nouveaux CVI, Christophe Véral prévient que « si ça dérape, on trouvera d’autres solutions… » Si la hausse de 10 % du cours des eaux-de-vie attise les appétits, le vignoble de Cognac compte bien garder une gestion régalienne de son potentiel de production, et pas se laisser dépecer par de nouveaux rapaces.

 

* : Si le total des demandes nationales dépasse la limite européenne d’une croissance de 1 %, Christophe Véral distingue « le cas où cela ne dépasse que de très peu (150-200 hectares), et Cognac réduira d’autant sa demande pour ne pas perturber les autres AOC » de celui où « cela dépasse de beaucoup, et on va réfléchir tous ensemble… »

 
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