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Jeudi 08 novembre 2018

Les vignerons de Cognac veulent enrayer toutes les spéculations


Demandant une réforme de la SAFER, le syndicat des viticulteurs de l’AOC charentaise s’inquiète de la spéculation sur les parcelles plantées et plantables.

Les vignerons de Cognac veulent enrayer toutes les spéculations

En 2017, les transactions de vignobles charentais se sont élevées à 1 590 hectares pour une valorisation record de 44 millions euros (+22 et +43 % en un an). En Charente et Charente-Maritime, le prix moyen des vignes a désormais passé le cap des 45 000 euros selon le dernier rapport des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER). « Malgré l’action de la SAFER et la volonté de ses équipes, la spéculation et la hausse des prix du foncier ne sont pas enrayées. La politique actuelle de régulation n’apporte pas les résultats escomptés » regrette, dans un communiqué, Christophe Véral, le président de l'Union générale des viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC).

Demandant une réforme profonde de l’outil de gestion du foncier viticole, le syndicat charentais évoque de premières pistes de discussion, et d’actualisation. « Au-delà des schémas directeurs, le mode de financement de la SAFER est à repenser. Aujourd’hui il est directement lié au prix du foncier préempté. Cela n’incite pas à une politique tarifaire modérée mais plutôt l’inverse » souligne Christophe Véral.

Trous dans la raquette

Mais plus que cet enjeu financier, ce sont les réglementations qui seraient à réviser pour Sylvie Massacré, la directrice départementale de la SAFER Charente. « Il y a trop de trous dans la raquette de la législation » estime-t-elle. « Aujourd’hui, la plupart des exploitations ont pris une forme sociétale (EARL, SARL, SCEA…). Mais le transfert des parts sociales échappe à notre contrôle*, ce qui se développe et laisse le champ ouvert aux investisseurs » explique l’experte.

Ce contournement est d’autant plus favorisé que le foncier charentais est convoité. Si les records de commercialisation ne cessent de tomber, et les stocks de baisser, le marché foncier reste étroit, avec un taux d’ouverture de 2 % en 2017. La perspective d’un contingent conséquent d’autorisations de plantation (3 500 hectares pour 2019), crée une grosse demande sur le foncier plantable. « Il y a beaucoup de perturbation en Grande Champagne et en Borderies. Il y a très peu de disponibilités, ce qui rentre en concurrence avec d’autres productions. Les céréaliers n’ont pas la rentabilité pour payer 12 000 euros l’hectare » précise Sylvie Massacré. Un constat partagé par l’UGVC. « Il nous faut réguler le foncier et éviter la spéculation sur les terres agricoles. Si les perspectives du Cognac entraînent une extension de son vignoble, nous souhaitons que ce développement se fasse harmonieusement avec les autres filières agricoles » conclut Christophe Véral.

* : La SAFER ne peut user de son droit de préemption que lorsque 100 % des parts sont cédées.
 

 
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