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Mardi 25 avril 2017

Le drone peaufine sa technique pour détecter la maladie


Le prospection est la clé de la lutte contre la flavescence dorée. Or elle est coûteuse en temps et en main d'oeuvre. Les initiatives se multiplient pour tenter de remplacer l'Homme par le drone dans la prospection de celle-ci et les résultats semblent prometteurs. Point d'étape sur trois d'entre elles.

Le drone peaufine sa technique pour détecter la maladie

Dans les Bouches-du-Rhône, une aide complémentaire à la prospection à pieds

En Paca, où la flavescence dorée poursuit sa progression, la Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône a conduit des expérimentations en 2016. L'objectif : paramétrer le drone, sa caméra embarquée, et un logiciel, afin qu'il puisse reconnaître les couleurs caractéristiques des feuillages atteints par le phytoplasme, généralement rouge ou marron sur cépages rouges. Lorsque celui-ci survole une parcelle, il signale les pieds portant ces symptômes, en émettant un son et ses coordonnées GPS, permettant ensuite à l'Homme de se rendre sur place et de confirmer leur présence ou non.

Sur cépages blancs, la différence de couleur n'est pas suffisante pour être perçue par l'appareil. Ce dernier n'est donc opérationnel que sur cépages rouges. Il ne fait par ailleurs pas la distinction entre les colorations liées aux dépérissements, au stress hydrique ou à la flavescence dorée. Sur une parcelle présentant de nombreux symptômes, l'outil ne présente donc pas d'intérêt et fera même « perdre du temps » par rapport à une prospection effectuée directement à pieds. En revanche, sur parcelles qui en sont exemptes, il devrait permettre de repérer immédiatement d'éventuels pieds malades, donc de gagner du temps par rapport à une prospection à pied, en se rendant directement sur la vigne suspecte. « Il doit être perçu comme un outil complémentaire à la prospection à pieds et non comme remplaçant celle-ci », précise bien Sébastien Attias, conseiller Chambre d'agriculture des Bouches du Rhône.

Déjà opérationnel, le nouvel engin sera utilisé dès 2017 pour inspecter des foyers historiques du département, en effectuant un second passage après celui de l'Homme. Le but : vérifier l'éventuelle sortie de symptômes tardifs ou oubliés lors de la première inspection. Entre 500 et 800 ha de vignes devraient ainsi être « scannés » par le drone lors de cette prochaine campagne. Outre le gain de temps, il devrait donc également permettre, in fine, « de diminuer les coûts de prospection à pieds et de remédier au manque de mobilisation ».

Vers la création d'un capteur spécifique en Bourgogne

En Bourgogne, le projet « Damav » porté par le BIVB, démarré en 2013, suit son cours. Il se terminera en 2018. L'objectif diffère quelque-peu, avec une détection plus poussée de la maladie. La caméra multispectrale haute résolution, installée à terme sur un drone et associée à un logiciel d’analyse d'images s’appuyant sur des « réseaux neuronaux » pour la détection et la classification des maladies, devrait être capable de différencier les symptômes de flavescence dorée des autres maladies. Pour cela, des recherches sont en cours par AgroSup Dijon, sur cépages blancs et rouges, dans différents vignobles. En Bourgogne, les recherches portent sur le cépage Chardonnay. Elles consistent à déceler s'il existe une bande spectrale propre à cette maladie, et si oui, à la caractériser. « Nous avons de bons résultats pour le moment : on semble avoir détecté une longueur d'onde spécifique à la décoloration de la flavescence sur Chardonnay, déclare Corinne Trarieux, du BIVB. Mais il reste maintenant à savoir s'ils sont reproductibles sur d'autres ceps, d'autres parcelles, d'une année sur l'autre ». Si les résultats se confirment, le capteur sera capable à terme de détecter la présence de la maladie sur différents cépages, à partir de leurs longueurs d'onde spécifiques.

Un autre volet du projet consiste, avec Novadem, à mettre au point un drone autonome sur lequel sera installé le futur capteur. L'engin devra être capable de voler à très basse altitude, environ 5 mètres, afin de détecter non pas une zone entière mais des pieds isolés, et aussi d'éviter les obstacles en intégrant son environnement immédiat grâce à la vision. Des essais seront conduits en 2017 et 2018, qui sera aussi la dernière année du programme Damav.

Vers une cartographie complète de l'état de santé de la vigne avec Carbon bee ?

Carbon Bee est une start-up drômoise créée il y a deux ans, qui s'est spécialisée dans la détection des maladies des végétaux, dont la vigne. Elle est parvenue à mettre au point un outil de détection composé d'une caméra hyperspectrale, donc capable de voir une centaine de couleurs non visibles à l'oeil nu, contre une dizaine pour la caméra multispectrale, et d'un système d'intelligence artificielle. Ce dernier analyse les images prises par la caméra et permet la reconnaissance des symptômes de la flavescence dorée.

Ce « moteur d'intelligence artificielle automatisé » a la particularité d'utiliser, en plus de la longueur d'onde liée à la couleur, des critères de reconnaissances comme la forme des taches, la texture, ou encore l'aspect général de la plante, pour parvenir à identifier la maladie. L’outil « apprend », au fur et à mesure de son utilisation, à reconnaître les pieds malades en enrichissant ses « connaissances ».

Pendant la campagne 2016, des enregistrements et des acquisitions de données ont été effectués avec ce capteur, monté sur drone, à partir de parcelles malades et pour une dizaine de cépages, blancs et rouges. « Pour deux d'entre eux, le Grenache et le Gamay, l'outil, appelé AQIT Sensor, est désormais opérationnel », affirme Gérald Germain, à l'initiative de la start-up.

Celui-ci propose donc, dès cette année, ses services de détection de la flavescence dorée/Bois noir sur ces deux cépages, moyennant 40 €/ha. Selon la configuration des parcelles, entre 50 et 200 hectares pourraient ainsi être « scannés » en une journée. D'autres cépages devraient suivre pour détecter la présence du phytoplasme : Chardonnay, Cabernet sauvignon, Clairette, etc.

Gérald Germain prévoit par ailleurs de compléter, normalement à partir de 2018, son capteur par d'autres maladies : mildiou, oïdium, esca-bda, stress hydrique, etc. Des essais vont être conduits en 2017 sur les maladies du bois. « Nous allons ajouter de nouvelles maladies afin de proposer une offre plus globale et avec plus de valeur ajoutée ; notre outil devrait ainsi trouver plus d'intérêt auprès des vignerons, explique-t-il. Embarqué sur un tracteur ou un quad, il permettra, en un seul passage, d'obtenir une cartographie de l'état sanitaire de ses parcelles ».

 

 

 
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