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Mardi 02 juillet 2013

Foncier viticole : l'achat de domaine, un investissement aussi complet que complexe

Dans la filière vin, le foncier reste sans conteste le nerf de la guerre. En témoignait la conférence de la SAFER Aquitaine Atlantique lors du dernier salon Vinexpo, le public s'y pressait, contrairement à la table ronde de la ministre au Commerce Extérieure Nicole Bricq, qui se passait en même temps, et à côté. Les visiteurs venus s'agglutiner au premier étage du Palais des Congrès de Bordeaux étaient attirés par « la question aussi basique que classique pour celui qui souvhaite investir dans le vignoble : comment faire ? » selon le résumé de Pierre Pouget (directeur SAFER AA). Pour se pencher sur cette question et la diversité de ceux qui se la posent, la conférence s'attardait sur des exemples concrets, à partir de reportages.

Réagissant à la première salve de vidéos, maître François Degos (notaire à Libourne) déclarait avoir vu en « 20 ans une évolution et une diversification fulgurante » de ses clients, qui vont désormais de « l'investisseur institutionnel cherchant à consolider ses investissements à l'individu ayant un projet de reconversion, sans oublier les investisseurs étrangers ». Selon lui, « passion est le plus petit dénominateur commun à tous ces profils. C'est le premier moteur, car un tel projet est trop complexe pour que l'on s'y lance sans passion ». Les intervenants étaient unanimes sur ce point. Aucun conseiller ne connaissait d'investisseurs ayant acheté une « danseuse » viticole à des fins fiscales. Les experts s'accordaient également sur le fait que le premier critère dans le choix d'un domaine reste le terroir. « C'est le plus important, car c'est la seule chose que l'on ne puisse changer » assure Michel Lachat (grands comptes SAFER AA).

Il apparaît également que pour les investisseurs qui ne sont pas issus de la filière, la principale difficulté est la polyvalence : de la connaissance de la viticulture et de l'œnologie à celles des marchés. Banquier au Crédit Agricole, Eric Pelluguy est « forcément plus attentif lors de l'examen d'un dossier de demande de financement lorsqu'il s'agit d'un investissement d'un non professionnel du vin. L'absence de compétences dans le métier accroît la probabilité de défaut de paiement. Mais il n'y a pas de vérité générale, chaque projet en échec est un cas particulier. »

Bien entendu la conférence s'est arrêtée sur le cas des investisseurs asiatiques, notamment en région bordelaise. Pour Paule Catalla (directeur de Landwell & Associés Bordeaux ), face à la forte attractivité du vignoble français « on pouvait au départ craindre que les investisseurs asiatiques recherchaient la seule notoriété, finalement on s'aperçoit qu'il y a aussi l'envie de réaliser un rêve et un enjeu patrimonial, lié au droit de propriété français. » A l'occasion de l'interview, qu'il nous accordait, le président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux, Georges Haushalter, nous précisait que 50 propriétés auraient été achetées par des investisseurs Chinois aujourd'hui. Pour lui, « Bordeaux est le vignoble français qui a la plus grande tradition d'ouverture à l'international » et « je serais soucieux si c'était l'inverse ! »

 
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