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Mercredi 03 avril 2013

Bordeaux : le prix du vignoble ne flambe qu'en trompe l'?il et la question de la transmission reste




Bordeaux : le prix du vignoble ne flambe qu'en trompe l'œil et la question de la transmission reste

Avec 712 ventes, le nombre de transaction viticole en Aquitaine est resté globalement stable en 2012. Mais dans le détail, ces échanges ont été plus importants à tout point de vue : d'abord en surface (3 434 hectares, soit +27 % par rapport à 2011), mais surtout en valeur (533,9 millions d'euros, +197 %). Sur l'année, le prix de vente moyen d'un hectare de vignoble a plus de doublé en Aquitaine, s'élevant à 155 500 €/ha (+233 %). Dans son bilan annuel du marché rural, la Société d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural (SAFER) d'Aquitaine a cependant tenu à préciser que derrière ces tendances globales se trouvaient de nombreuses disparités.

A elles seules, 5 transactions « exceptionnelles » comptaient en effet pour 62 % de la valeur de ces transactions (pour 14 % de la surface). En mettant de côté ces contrats, 2012 apparaît moins exceptionnelle. Avec 2 940 hectares échangées pour 202 millions d'euros, les augmentations sont plus homogènes : respectivement +9 et +13 %. Globalement, les cours du vignoble (parcelles plantées et en bon état) restent stables et, bien souvent, moins flamboyants. Les vignobles d'appellation générique Bordeaux se négocient à 15 000 €/ha, sans la moindre distinction entre encépagement blanc et rouge. Globalement, les cours sont stables pour les Côtes, en Médoc et dans le Libournais :18 000 €/ha en côtes de Blaye, 24 000 €/ha les côtes de Bordeaux, 70 000 €/ha en Haut-Médoc, 80 000 €/ha à Moulis, 200 000 €/ha à Saint Emilion (ses satellites sont stables à 85 000 €/ha) et 900 000 €/ha à Pomerol.

En contraste de ces cours constants, les hausses sont au contraire nettes à Pessac-Léognan et Pauillac, le prix de l'hectare de vigne ayant doublé en 2 ans (se fixant respectivement à 400 000 et 2 millions €/ha). Au contraire, les transaction en Margaux et Saint Julien se sont effectuées à un prix moyen moyen (l'hectare avoisine le million d'euro). La SAFER note également l'érosion constant du prix des vignes en Fronsac et Graves (25-26 000 €/ha) à cause de difficultés persistantes de commercialisation.

A l'occasion de ces présentations, la SAFER a également fait un focus sur la transmission des exploitations viticoles. D'après le dernier Recensement Agricole, 28 100 hectares de vignes étaient transmissibles en 2010 sur la région Aquitaine, 60 % des exploitants de plus de 55 ans n'ayant pas de solution de reprise. Lors du dernier Vinitech Sifel, SAFER et Chambre d'Agriculture de Gironde avaient d'ailleurs signé un accord pour relever les défis de la transmission et de la pérennité du vignoble bordelais (pour en savoir plus, cliquer ici).

 

 

[Illustration : conférence du Foncier Rural de Gironde le 21 mars à Gradignan, Emilie Porcher (Vitisphere)]