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Lundi 01 octobre 2012

3 questions à Henri Duval et Marine Dargery (Ampelio)




3 questions à Henri Duval et Marine Dargery (Ampelio)

Depuis août 2012, l’agence Ampelio s’est « jetée à l’eau », devenant indépendante du réseau Vinéa Transactions. Développant des activités de conseil et d’accompagnement des projets, Ampelio reste centrée sur les transactions viticoles. Agissant essentiellement en Val de Loire, Ampelio a l’ambition de devenir une marque nationale, comme nous le confie son fondateur Henri Duval et son associée Marine Dargery (experte en marketing et mise en marché).

 

En val de Loire, notez-vous un développement des investissements étrangers et plus particulièrement chinois ?

Henri Duval : ce qui est certain, c’est qu’il y a une demande ! En 2011, nous avons réalisé en Touraine une opération pour un investisseur Chinois. Il a acheté 30 hectares de vignes et l’intégralité de ses vins sont distribués à Pékin. Depuis cette transaction, la demande est toujours présente, essentiellement sur le milieu de gamme, pour des vins sortants à 3 € le col. Le souci de ces acheteurs est avant tout la rentabilité, le prestige importe peu. Ils cherchent avant tout un outil de travail organisé et bien équipé.

Marine Dargery : les investisseurs chinois sont en effet très intéressés par l’achat de domaines leur permettant d’approvisionner leurs propres réseaux de distribution asiatique. Mais il faut noter que si 30 % de nos demandes de biens viticoles sont étrangères, seulement 5 % des dossiers menés à bien le sont avec un investisseur étranger.

 

Quel serait votre classement par attractivité des vignobles français ?

Henri Duval : un classement aurait peu de sens, mais le numéro un est sans aucun doute le vignoble de Champagne. Le marché y est très tendu, mais il est incontournable. Peut-être encore plus étroit, le marché de Cognac est véritablement euphorique. La  Provence est aussi une zone très attractive. Même s’il y a une forte tendance à l’achat d’agrément, le profil économique des exploitations y est très valorisant. En Bourgogne, le marché est tellement parcellisé qu’il en devient opaque. On y entend des prix sans la moindre mesure... Et il y a bien entendu le marché bordelais, dont la visibilité n’est pas aussi facile qu’il pourrait y paraître. S’il y a les pépites des Grands Crus, le reste présente de fotes variations de prix, à cause d’une forte dépendance du marché du vin, qui n’est pas si favorable.

Marine Dargery : en comparaison, les vignobles de la Loire présentent une valeur de différenciation importante. Un investisseur comprend vite que la possibilité d’y afficher une belle qualité peut faire toute la différence sur les marchés de l’export.

 

En Loire justement, quelles sont les appellations qui ont actuellement le vent en poupe ?

Henri Duval : pour les vins blancs, les appellations de Sancerre, de Pouilly et de Reuilly sont économiquement très attractives. On y trouve très peu de vignobles à la vente. Mais cette faible ouverture s’agrandit progressivement, les exploitations familiales faisant face aux changements de génération. Le prix de vente d’un vignoble y oscille entre 180 et 200 000 €/ha. En Anjou, les parcelles de Savennières sont très demandées (aux environs de 60 000 €/ha). La surface qui reste à y planter est non négligeable, préservant un marché potentiel. Pour les vins rouges, le triptyque roi est constitué de Chinon (25 à 30 000 €/ha), Saumur-Champigny et Saint-Nicolas de Bourgueil (50 à 60 000 €/ha). Les vignobles de Saumur fonctionnent également très bien. Les grandes maisons de crémants cherchent des approvisionnement, tandis que les gros opérateurs suivent la vogue du rosé. Les vins moelleux font face à un aval très difficile et relativement étroit. Les Coteaux-du-Layon vont cependant mieux, avec une valorisation à 15 à 18 000 €/ha. Les effets du passage en premier grand cru du vignoble de Quarts-de-Chaume restent mineurs, ce vignoble étant réduit à une quarantaine d’hectares.

Marine Dargery : en Anjou il était dans l’usage historique de de proposer une gamme très large (vins rouges, blancs secs, moelleux, effervescents...). Cette stratégie ne se retrouve aujourd’hui qu’à destination de la vente aux particuliers. La tendance s’est en effet inversée, avec une réduction des gammes pour accroître la notoriété de son domaine en misant sur des produits phares et ne pas se laisser aller à la dilution.